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Autoportrait de travailleur social • Marie Aubertin, éducatrice spécialisée dans le Bas-Rhin, bénévole aux Restaurants du cœur et dans une association d’aide aux victimes pour la médiation, et autrice.
« Les projets amènent de la vie, de la confiance en soi, un plaisir partagé.
Ils sont des outils comme support
à la relation »
Quels mots associez-vous spontanément au travail social ?
Accueil, rencontres, projets pédagogiques communs, support à la relation, créer du lien, travail dans l’urgence, partage, humanité.
Pour quelles raisons avez-vous choisi votre métier ?
Je pense que cela provient de ma famille, par transmission de ses valeurs. Mes parents militaient dans des associations populaires et pour des bonnes causes. Petite, je rêvais de devenir avocate mais quand j’ai su qu’on ne défendait pas seulement les innocents, j’ai vite changé d’avis. Je voulais travailler avec l’humain. Enfant, je ne supportais pas l’injustice à l’école et je défendais tous mes camarades de classe. À l’adolescence, je me suis vite aperçue que je voulais exercer un métier en rapport avec les relations humaines et tout naturellement, je me suis tournée vers le métier d’éducateur.
Quelles formations avez-vous suivies ?
Lycéenne en carrières sanitaires et sociales, j’ai tout d’abord décroché le brevet d’aptitude aux fonctions d’animateur (BAFA). J’ai rapidement rejoint le monde professionnel en intervenant dans un quartier de Strasbourg. Cette expérience m’a convaincue que j’étais faite pour cela. J’ai obtenu un Brevet d’État d’animateur technicien de l’éducation populaire et de la jeunesse (BEATEP). Cette orientation m’a permis d’acquérir un grand nombre de compétences et de me forger une belle expérience. J’ai appris à créer, partager, faire vivre des projets culturels éducatifs avec différents publics. C’était une richesse de pouvoir le faire.
Ensuite j’ai testé le champ de l’insertion par l’économique et suivi la formation de Conseil en insertion par l’économique. Je suis donc retournée à l’Université. J’ai alors pu travailler avec des personnes en situation de handicap physique. J’ai géré des groupes en leur apportant tout mon soutien. Ensuite, j’ai travaillé dix ans en institut thérapeutique, éducatif et pédagogique (ITEP), dans une très bonne structure. J’ai perfectionné mon rôle d’éducatrice et développé toutes mes compétences en renforçant ma posture professionnelle. Devenue maman, j’ai choisi le travail en week-end dans une autre institution. Je me suis alors dit : « Pourquoi pas la VAE ? ». Un an après, j’obtenais le diplôme d’éducatrice spécialisée. Toutes ces expériences m’ont amenée vers la formation. Je suis devenue formatrice dans le médico-social afin de partager ma vision et ma passion du métier.
Quel est votre meilleur souvenir professionnel ?
Il y en a plusieurs, impossible de tous les citer. Le meilleur : quand un jeune de l’ITEP a obtenu son diplôme de boulanger et m’a dit : « Merci Marie, c’est grâce à toi que j’en suis arrivé là. Tu m’as appris à devenir "Le Géant aux chaussettes fluos"’ ». Pour la petite histoire, ce garçon plutôt timide a assumé le premier rôle dans une pièce de théâtre, écrite avec tous les enfants et jouée le jour de la grande kermesse annuelle avec plus de mille visiteurs. Ce jour-là, sa maman m’a dit : « Merci, je ne reconnais plus mon fils. Dans le premier rôle, il est très bon acteur, à l’aise sur la scène, il a confiance en lui ». Ce jeune était en garde chez la grand-mère et la maman venait de renouer des liens.
L’important, quand les jeunes nous remercient de les avoir aidés, est de leur dire : « C’est toi qui me fais un cadeau de te voir heureux et réussir ». Je reste persuadée que les projets amènent de la vie, de la confiance en soi, un plaisir partagé. Ils sont des outils comme support à la relation. Ce jeune, je l’ai recroisé souvent à la Foire Européenne de Strasbourg où il confectionnait avec son patron, des milliers de pâtisseries et pains par jour. Il m’offrait des pâtisseries pour les jeunes avec qui je travaillais. Il était fier à son tour de pouvoir être un exemple pour les autres.
Le pire ?
Le plus difficile à vivre dans ces institutions est de travailler dans la non-réponse et le manque de moyens humains. Parfois c’est vraiment rude. On a souvent l’impression de travailler dans l’urgence et quelquefois il y a des loupés, avec un sentiment de ne pas avoir accompli son travail comme on le souhaitait.
Le souvenir qui m’a le plus marquée est celui d’un gros « clash » un dimanche soir que nous n’avons pas pu gérer. Un déchaînement de violences et d’imprévus lors d’un retour de jeunes à l’institution. Les dimanches soir sont souvent difficiles mais celui-là, m’a marqué car il y a eu violences sur des collègues et moi-même. Cela a pu finalement se régler par la suite avec un rappel à la loi. C’était éprouvant mais ce fût aussi une opportunité de se remettre en question dans un système parfois défaillant. Malheureusement, pour des jeunes qui vivent des situations douloureuses en famille, il faut que cela puisse sortir en paroles. Parfois leur souffrance est telle que l’on reste dérouté et impuissant.
Quel est votre livre de chevet ?
J’ai régulièrement plusieurs bibles sur ma table de nuit et en permanence Les 4 accords Toltèques (Éd. Jouvence, 2008). Je suis souvent à la recherche d’une bonne communication. Don Miguel Ruiz est le chamane qui m’inspire durant toutes ces années et dans la médiation actuellement. Ce livre nous apprend à être clair dans nos paroles et nos actes de la vie quotidienne. Dans l’urgence et les émotions, nous devons être spartiate. Tout éducateur devrait livre ce livre. Il enseigne le mieux vivre et les codes de communication non violente.


Parcours d’une éducatrice tout-terrain.
Comment faire sa VAE ?
(Éd. BOD 2021).
122 PAGES - 19,90€
Couverture souple
ISBN : 9782322232239
122 PAGES - 8,99€
Version numérique
VAE EXPERT
Marie Aubertin
DEES DEETS DEME DECESF
DEEJE DEAES DEMTA
Tél. 06 09 48 62 78
marie.vaeexpert@gmail.com


